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Aujourd'hui, le 23 août 2023 - William Wallace mort pour l'Ecosse n'aura pas empêché la chute du pays.

 

     Tout le monde se souvient de Braveheart, ou devrait s’en souvenir, ce film vraiment très réussi, réalisé et interprété par le talentueux Mel Gibson qui s’est souvent attaché dans sa carrière de réalisateur à reproduire le plus fidèlement possible les époques durant lesquelles se déroulaient ses films. C’est ainsi qu’il nous a livré un époustouflant Apocalypto, crépuscule du monde maya, barbare et sans pitié ou encore le très intéressant La Passion du Christ, critiqué en son temps pour son réalisme saisissant, dépeignant le martyre physique de Jésus Christ. En mettant en scène Braveheart, il s’attaquait à un sujet cher au cœur des écossais, celui de l’indépendance d’un peuple soumis aux anglais et à la mise en lumière d’un personnage, celui de William Wallace, dernier rebelle parmi les rebelles, résistant écossais au grand courage, prêt à mettre en danger sa propre existence pour libérer son pays de l’envahisseur anglais. En ce 23 août 2023, certains écossais doivent avoir une pensée émue pour William Wallace, puisque ce défenseur de la patrie est mort il y a aujourd’hui 718 ans.

     Ah l’Ecosse dont on rêve, ce formidable presque pays, cette terre de légendes, de mystères, de châteaux hantés par des fantômes torturés pour la nuit des temps, cette contrée aux landes et aux monts déchirés par les vents et… par la pluie qui ne quitte jamais véritablement les lieux. Tout un programme, toute une histoire, toute une aventure surprenante. Il faut avoir déambulé autour de quelques châteaux en ruines, avoir pris conscience de la brume et du vent qui balayent le paysage, s’être aventuré autour des lochs larges et profonds, avoir marché dans les pas du grand Walter Scott dans sa somptueuse demeure d’Abbotsford, s’être laissé happer par Edimbourg pour véritablement prendre conscience du pays, de son passé mais aussi de son présent qui soulève d’autres interrogations. Car l’Ecosse et sa légende ne sont pas éternelles. William Wallace, le grand héros des terres écossaises se battait il y a de cela sept siècles pour une écosse médiévale qui bien sûr n’existe plus. Du temps est passé depuis l’errance et la résistance farouche de Wallace, du temps et des larmes. Naturellement, le monde a changé, l’Ecosse également, elle a perdu de sa superbe en ce début de XXIème siècle. Ce n’est jamais ce que l’on lit dans les brochures, ni ce que l’on voit dans les documentaires qui nous montrent une Ecosse certes moderne, mais inchangée, intacte, brillante et attractive comme jamais. Que voulez-vous, le progressisme et la bien-pensance sont toujours capables du pire, prêts à enrober la réalité d’un sirop sucré, collant et dégoulinant de bons sentiments pour touristes de masse, en quête d’une nouvelle destination à rayer sur leur To do list stupide et puérile, pourtant tellement à la mode et tellement caractéristique du consumérisme ambiant.

     Au pied d’une statue de William Wallace comme on peut en voir à Edimbourg ou devant la tour monument de style gothique victorien élevée en sa mémoire près de Stirling, il est vrai qu’on ne peut rester totalement insensible. Les images épiques des batailles brillamment mises en scène par Mel Gibson nous reviennent, on fredonne le thème principal du film, on voit Mel Gibson en kilt, interprétant lui-même le héros, soulever sa claymore pour fracasser la tête de l’anglais au nom de la liberté de son peuple. Oui, c’est vrai, on peut encore frémir, on peut encore rêver. Mais on peut aussi être rappelé à la réalité sinistre, celle d’un pays qui est en passe de perdre son âme, celle d’une nation dissoute dans la mondialisation et l’immigration de masse, celle d’une culture authentique qui se laisse peu à peu remplacer par les cultures du monde, prêtes à prendre la suite et à fonder une nouvelle identité écossaise. Je n’ai pas voyagé à Glasgow, la ville la plus peuplée, mais j’ai vu Edimbourg la capitale, les ravages causés à cette magnifique ville à l’architecture envoûtante et à l’ambiance unique sont à même d’éclairer le voyageur sur le devenir de l’Ecosse. Deux thèmes m’ont sauté aux yeux, deux dangers menaçant l’Ecosse comme ils menacent tant d’autres endroits : le wokisme et l’immigration de masse.

     Le wokisme est dangereux, il dissout l’identité d’un pays et d’un peuple, il souhaite éradiquer sa culture historique et authentique et projette de remplacer l’intérêt commun par le règne de l’individu roi, capable d’obliger un pays tout entier à se plier à ses petites exigences personnelles. Pire, le wokisme et son cortège d’armes secondaires souhaitent transformer à la fois la réalité et l’histoire des peuples en réécrivant l’Histoire du monde, en chassant ce qui ne lui convient pas ou en transformant ce qui a existé et ne correspond plus à son nouveau dogme totalitaire. Le wokisme cherche enfin à imposer la fin du genre, homme et femme n’existant selon lui que par des constructions sociales, il poursuit son combat illicite en bannissant la réalité biologique en imposant des thèmes aussi stupides que celui de l’homme enceint… Ce wokisme-là, celui de la dénégation du genre, on le constate facilement après quelques promenades dans les rues d’Edimbourg. Ancien parisien, je ne suis pas surpris par grand-chose, Paris étant, elle-aussi, une ville qui a sombré, mais tout de même, je n’ai jamais vu autant de jeunes gens, garçons et filles, dégenrés qu’à Edimbourg. Cheveux bleus, roses, verts, à moitié rasés, longs ou courts, tenues vestimentaires sans véritable identité de genre portées indifféremment par les hommes ou les femmes, jeune homme embrassant sa petite-amie mais portant lui-même un délicat petit sac à main rose assorti à la couleur de ses cheveux. Un tableau banal à Edimbourg, celui d’une nouvelle jeunesse qui a pris le relais de la mode gothique qui était très présente en Ecosse et plus largement au Royaume-Uni. C’est un curieux spectacle qui nous plonge au cœur de la problématique à venir, celle de l’identité de genre que notre ami William Wallace n’avait certainement jamais envisagée quand il a décidé de prendre les armes contre l’anglais. En voyant un si triste spectacle au sein de la jeunesse écossaise, sa claymore aurait sans doute fait rouler plusieurs tête qu’elles soient coiffées de rose ou de vert, anglaises ou écossaises… Cette dégénérescence du genre est au cœur des problématique de la société occidentale moderne, cela ne fait que commencer, mais l’Ecosse semble déjà avoir quelques longueurs d’avance.

 

 

                               

Une partie de la jeunesse écossaise du XXIème siècle

 

     Le second problème de l’Ecosse est désormais connu dans de nombreux pays occidentaux, c’est celui d’une présence massive d’immigrés important leur culture, sans la moindre volonté d’assimilation, encouragés par les gouvernements qui ne leur demandent pas le moindre effort à ce sujet. Bien sûr, l’Ecosse n’est pas la France, le Royaume-Uni est multiculturel nous dit-on, et c’est vrai, mais il y a des limites à ne pas dépasser en toute chose, y compris dans ce domaine précis. Le multiculturalisme est une chose, le remplacement d’une culture par une autre, c’est tout de suite bien différent. En flânant dans les ruelles d’Edimbourg, on saisit rapidement l’ampleur du problème. La présence massive d’une population arabo-musulmane est un signe qui ne trompe pas. En entrant dans une boutique de souvenirs typiquement écossais, vendant écharpes en laine, peluches de moutons ou tartans de clans, on ne s’attend pas à être accueilli par un pakistanais arborant une barbe de salafiste ou par une femme voilée en hijab. C’est pourtant le cas la plupart du temps dans les commerces de ce genre du centre-ville. Toute magie écossaise s’évapore alors en un instant plus rapidement qu’à coups de baguette magique d’Harry Potter. Tout explose, tout disparait dans le chaos de notre époque et l’horreur nous saute aux yeux, le pays est en train de se faire remplacer, et si sa culture demeure encore, c’est qu’elle est forte, ancienne et à même d’attirer les touristes pourvoyeurs de devises sonnantes et trébuchantes, mais une évidence saute aux yeux, cela ne durera pas. Comment alors tomber sous le charme d’un pays rêvé et tant espéré qui n’est plus que l’ombre de lui-même ? On peut fermer les yeux, croire que tout cela est normal, qu’être servi par une femme voilée quand on achète son whisky écossais est bien le signe de son ouverture d’esprit et que tout ira bien dans le meilleur des mondes, on peut le croire car c’est sans doute ce que pense la plupart des touristes, ce serait pourtant une terrible erreur de penser qu’il s’agit là d’un statu quo sans évolution. La loi de la démographie étant ce qu’elle est, quand toutes les boutiques du centre-ville seront tenues par des femmes voilées, il y a fort à parier que les habitants auront connu la même destinée et que les écossais de souche auront soit disparu, se seront soumis à une nouvelle identité culturelle ou auront fui les terres de leurs ancêtres pour trouver refuge ailleurs, souhaitant faire vivre encore un peu la culture que William Wallace défendait avec tant d’ardeur. Il y aurait encore beaucoup à dire sur la population d’Edimbourg qui, je le reconnais, n’est pas celle de toute l’Ecosse, mais un poison se répand toujours rapidement. Je pourrais tout de même narrer ma stupéfaction quant à la chute catastrophique de l’élégance (ce n’est pas une spécificité écossaise pour autant, c’est un problème mondial), les écossais s’habillant n’importe comment, je pourrais également raconter combien la ville est recouverte de tags et graffitis (comme la pauvre Venise par exemple), je pourrais poursuivre en disant qu’elle est plutôt sale, moins que Paris, mais bien plus que ce qu’on pourrait accepter d’une ville civilisée avec autant de prestige, je pourrais ajouter bien des choses sur ma vision de l’Ecosse, mais la coupe est déjà prête à déborder…

     En mourant torturé en place publique par les anglais le 23 août 1305 après huit années de lutte acharnée, William Wallace ignorait ce que l’Ecosse allait devenir, bien sûr, il redoutait l’envahissement de son pays, évidemment il s’inquiétait du devenir de sa culture et se souciait de conserver une pleine liberté à son peuple, il ne pouvait imaginer que 718 ans plus tard, l’Ecosse courrait un autre danger, celui d’une nouvelle disparition, celui d’une submersion migratoire qui allait transformer le pays au-delà même de ce que le pire anglais que Wallace aurait pu imaginer, aurait pu faire à l’Ecosse. William Wallace est toujours considéré comme un héros, le peuple écossais reste partagé entre indépendance et rattachement au Royaume-Uni, mais les frontières sont floues et c’est à y perdre son latin ou son picte, ancien dialecte écossais. Car les indépendantistes écossais ne souhaitent pas la liberté à tout prix, ils souhaitent, pour un grand nombre d’entre eux, rejoindre l’Union Européenne, mère de tous les maux de l’Ecosse moderne… Le réveil du peuple historique ne semble pas être en marche et l’identité écossaise va encore se fragiliser sous les coups de butoirs de la mondialisation. Dans tout ce chaos présent et à venir, que reste-t-il du pays ? De jolis paysages, quelques beaux châteaux, rarement une ambiance conservée comme dans le manoir de Walter Scott, point d’orgue d’une voyage en Ecosse, hélas trop peu de choses pour sortir grandi et rassuré du périple écossais qui m’a rempli de nostalgie et d’un certain désespoir sur le monde à venir.