L'aventure n'est pas seulement au bout du monde, elle est aussi dans les méandres de notre esprit.

 

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Aujourd'hui, le 10 mai 2021 - Voile vers l'ouest pour le royaume de France!

 

L’Amérique du Nord et son exploration, voici bien un évènement qui m’a toujours fasciné. Les voyages et l’aventure fantasmée, cela nourrit l’imaginaire, on aime à lire les récits des explorateurs du bout du monde et on capture quelques instants que l’on fait nôtres, vivant par procuration ce que des grands Hommes ont vécu pour nous. C’est sans doute pour ces raisons que les roman d’aventures, les films, aujourd’hui les jeux vidéo et bien avant eux, les récits de voyages au long cours ont toujours fasciné, autorisant les plus folles histoires, les plus dangereuses rencontres, les rebondissements les plus tragiques ou heureux bien installé dans un confortable fauteuil pour savourer l'instant. Que voulez-vous, tout le monde ne peut pas être un aventurier, tout le monde ne peut pas être par exemple, ce célèbre navigateur malouin, Jacques Cartier.

 

Ce fut sous le règne de François 1er à qui l’on doit, rappelons-le au passage, le château de Chambord, splendeur de France, que Jacques Cartier reçut du roi l’ordre de partir explorer l’Amérique du Nord qui n’était pas encore le Canada. J’ai lu un très bon livre sur le sujet, et je le chroniquerai prochainement dans mes vidéos, mais revenons sur ce thème précis et poursuivons l’aventure avec le navigateur français. Vingt jours en mer, vingt jours pour traverser l’Atlantique Nord après avoir levé l’ancre à Saint Malo le 20 avril, vingt jours pour arriver sur les côtes en vue de Terre-neuve et partir explorer le fameux fleuve Saint-Laurent si célèbre et cher à nos cousins du Québec. C’est donc bien le 10 mai 1534 que l’aventure nord-américaine commence pour Jacques Cartier et le royaume de France. S’en suivront plusieurs autres voyages, plusieurs expéditions périlleuses et des découvertes, celle des beluga, des contacts pacifiques avec les fameux indiens Micmac (oui oui, d’où notre expression « qu’est-ce que c’est que ce micmac ? ») et les amérindiens Iroquoiens, l’installation de comptoirs commerciaux qui encourageront le commerce des peaux (notamment du castor très prisé), des hivers glacés, des décès du scorbut, des replis stratégiques vers Saint-Pierre-et-Miquelon et plus tard la fondation de fortins comme celui de Charlesbourg-Royal non loin de la future ville de Québec que nous connaissons aujourd’hui et qui marquera le début de l'urbanisation.

 

Il suffit de se documenter ou pour les plus chanceux, de voyager outre-Atlantique pour suivre les pas de l’explorateur français dont on ne compte plus les références présentes au Canada francophone pour comprendre l’importance de l’homme et le rôle majeur de la France dans cette expansion civilisationnelle vers le grand ouest. Cartier rentrera au pays bredouille, il ne rapportera rien d’assez important pour en retirer un bénéfice et finira modestement sa vie à Saint-Malo mourant probablement de la peste en 1557. Deux siècles plus tard, l’aventure canadienne se terminera mal pour la France. Après la bataille de Québec en 1759, dite bataille des plaines d’Abraham, actuellement lieu agréable de promenade pour les habitants de la ville, la France perdra définitivement sa place au Canada au profit de l’ennemi de toujours ou presque, les Anglais qui, rappelons-le au passage, déporteront sans le moindre ménagement, quel doux euphémisme que de le dire, les Acadiens francophones pour tenter de se débarrasser, en vain, de l’influence française dans cette région du monde. Penser au Canada francophone d’aujourd’hui, c’est aussi se souvenir que sa construction est française et qu’il n’aurait fallu d’un rien pour que le pays demeure une extension de l’hexagone outre-Atlantique. La face du monde en eut, peut-être, été changée… en cette période fragile que nous vivons, qui pourrait avoir des relents de fin de civilisation, il n'est pas interdit de le rêver.