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Aujourd’hui, le 24 décembre 2023 - Pourquoi Noël revêt tant d’importance en Occident ?
Il fut un temps éloigné, méconnu ou totalement ignoré où nos ancêtres celtes d’Europe festoyaient à cette époque de l’année. Quelles étaient les raisons de leurs réjouissances de fin décembre, eux qui n’avaient pas le calendrier que nous connaissons aujourd’hui ? Simplement cet évènement astronomique annuel qui revient chaque année, réglé comme une horloge, le solstice d’hiver qui a eu lieu avant-hier, le 22 décembre. Le solstice d’hiver est le moment de l’année où la durée du jour est la plus courte, à l’inverse du solstice d’été où la durée du jour est donc la plus longue, mais c’est aussi le jour qui annonce l’allongement des jours à venir. Après le solstice d’hiver, chaque jour nous gagnons un peu plus de temps de jour, c’est l’éternel combat du jour sur la nuit que connaissaient déjà nos lointains ancêtres. Les celtes ne s’y trompaient pas, ils fêtaient Litha, la fête des solstices. La fin d’année est donc marquée du sceau du paganisme qui fêtait décembre bien avant les chrétiens. Est-ce alors une coïncidence si Noël a lieu à la même époque que le solstice d’hiver ?
Bien avant les chrétiens, mais après les celtes, les romains eux-mêmes fêtaient la fin d’année lors des fêtes dites des Saturnales, en l’honneur du dieu Saturne (Cronos chez les grecs anciens), elles avaient lieu entre le 17 et le 23 décembre et elles célébraient une ancienne croyance selon laquelle le dieu Saturne avait vécu dans la région de Rome dans des temps anciens et bénis par la sagesse et la quiétude. En souvenir de ces temps heureux, les romains organisèrent donc une fête où déjà les gens s’offraient des cadeaux, même les esclaves bénéficiaient d’une plus grande liberté pendant cette période. Il n’est pas impossible que les romains aient été influencés par les mythes celtes sur les solstices, les romains savaient très bien eux-mêmes ce que représentait alors le solstice d’hiver, nous en reparlerons plus loin.
Venons-en à présent à notre Noël chrétien. Evidemment, tous les occidentaux (ou presque) se préparent à fêter Noël que notre calendrier a arbitrairement fixé au 25 décembre. Si nous devions faire de l’histoire et de l’archéologie, nous comprendrions rapidement que cette date ne correspond pas à la naissance du Christ. Ni les sources antiques, ni les historiens antiques et modernes ne peuvent déterminer avec précision la véritable date de naissance du Christ, dans tous les cas, ce ne serait pas en décembre, peut-être au printemps, mais rien n’est sûr, ni le jour de sa naissance, ni l’année exacte. Il se pourrait que nous soyons réellement qu’en 2017 ou 2029 après Jésus car les historiens prétendent qu’il pourrait aussi bien être né en -6 qu’en +6 de notre ère, c’est à y perdre son latin…Les romains ne sont pas innocents dans cette histoire. L’Empire christianisé après la conversion de l’empereur Constantin au 4e siècle, l’Eglise catholique s’est arrangée pour caler ses propres célébrations liturgiques sur des fêtes déjà présentes dans l’Empire afin de fédérer davantage de fidèles sans bouleverser leurs habitudes. Ainsi, les Saturnales qui se déroulaient fin décembre furent peu à peu remplacer par les célébrations de l’Avent et de Noël. Les romains fêtaient également le dieu Sol Invictus, c'est-à-dire le dieu soleil invaincu qui l’emporte toujours sur la nuit. Cette fête très populaire dans l’Empire était fêtée…le 25 décembre, pour le solstice. C’est ainsi qu’une date a été choisie ultérieurement pour la naissance du Christ et c’est bien sûr celle du 25 décembre que nous allons célébrer demain.
Si Noël n’est qu’un choix arbitraire, si le 25 décembre ne correspond à rien d’historique, alors pourquoi donner autant d’importance à cette fête ? La réponse est simple, parce qu’une civilisation a besoin de repères pour se construire, c’est tout simplement humain et c’est ainsi que se forge la cohésion d’un peuple. Nous fabriquons des codes et des usages, nous vivons ensemble et partageons ces mêmes usages qui prennent corps parce que nous les respectons et aimons nous retrouver entourer de repère familiers. Pour vivre ensemble, il faut posséder le même patrimoine culturel afin de le partager. Pour certains, Noël sera simplement l’occasion d’une jolie réunion de famille, un vague souvenir chrétien perdurera mais nous reverrons surtout encore cet oncle qui habite très loin et qui se déplace pour Noël, peut-être partagerons-nous une agréable ou moins agréable conversation avec cette cousine que nous ne voyons que rarement, nous prendrons le temps de faire des cadeaux à ceux que nous aimons et serons impatients de savoir si nos cadeaux nous plairont. Pour d’autres, la messe de minuit sera l’un des moments les plus importants de l’année, repère liturgique à même de donner un sens à la vie et à rappeler d’où vient notre civilisation. Quoiqu’il en soit, Noël nous apporte du commun, de quoi partager, de quoi se sentir entourés de gens qui partagent la même culture et la même idée de la civilisation, de quoi se sentir rassurés sur la pérennité de civilisation en danger. Bien sûr, le danger est là. Noël est attaqué de toute part. Les fêtes de Noël sont de plus en plus transformées en « Fêtes de fin d’année », débarrassées d’une origine religieuse qui dérange les gauchistes et les nihilistes. Les crèches sont chassées par les thuriféraires du Grand Remplacement, les sapins naturels remplacés par du verre ou du carton par des écologistes extrémistes, les décorations de Noël revisitées pour les nettoyer de la tradition qu’ils portent en eux, même le Père Noël pourtant païen (outre son cousinage avec Saint Nicolas) se féminise pour ne froisser personne et abattre le mâle dominant… Pour les nihilistes et autres destructeurs de la civilisation occidentale, Noël ne doit plus être qu’une fête de la consommation et rien d’autre. Un instant de consumérisme où l’individu roi indifférencié peut fêter ce qu’il souhaite tant qu’il ne fait aucune référence à la chrétienté. C’est oublié combien les français sont attachés à Noël et combien il est essentiel de transmettre ce qui nous a été transmis. Culture, traditions et spiritualité sont les fondements de notre civilisation, ils sont le ciment qui maintient la cohésion nationale et l’idée d’une civilisation qui peut traverser les âges. Noël, c’est le repère dont nous avons besoin pour affronter le futur, il est essentiel de transmettre ce message vital qui perdure depuis des siècles et qui vacille ces dernières années.
Je souhaite à tous d’agréables fêtes de Noël, des instants chaleureux de partage, de réjouissance ou de communion avec notre glorieux passé. Joyeux Noël à tous.
