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Aujourd'hui, le 15 octbre 2020 - Max Rockatansky, mort et enterré par son père.
Parfois, ce n’est pas la peine de se perdre dans de trop longues explications, certaines choses doivent être ressenties et partagées pour être comprise et je sais parfaitement que je suis hors normes en m’apprêtant à clouer au pilori le film de l’année 2015 selon la presse et le public. C’est peut-être là ce que je considère de plus dramatique, une telle unanimité relève pour moi d’un véritable problème de perception artistique liée probablement à la décadence de notre époque. Le cinéma ce n’est pas qu’une distraction pure, ce n’est pas un produit jetable et interchangeable que l’on consomme pour passer immédiatement à un autre produit insipide ou plutôt, galvanisé aux goûts de notre époque. Enfin, cela ne devrait pas l’être. Pourtant, à voir les critiques et les entrées réalisées par Mad Max Furry Road, c’est à croire que la chute du cinéma est tellement effrayante, qu’elle a emporté avec elle tout bon sens et tout bon goût.

Max est effrayé et on le comprend vu le niveau du film dans lequel il est.
D’un point de vue cinématographique, mais pas que, mon époque m’effraye, je la trouve incroyablement bête, näive, sale et décadente, bien sûr, le cinéma et sa production n’est que le reflet de cette même époque, pourquoi alors ne pas y retrouver ses tares. E, 2015, quand j’ai appris qu’il y avait une suite à Mad Max, au lieu de m’enthousiasmer, car je suis admiratif du travail sur les deux premiers volets des années 80, je me suis immédiatement méfié. Quand enfin j’ai vu les premières scènes en bande-annonce, j’ai fermé les yeux par dépit, par peur aussi de voir mes prédictions se réaliser. Le spectacle offert par George Miller ne m’a donc pas surpris, il m’a juste affligé. Avoir aimé le premier Mad Max et surtout Mad Max II, un véritable chef-d’œuvre du septième art, brutal, efficace, magnifiquement filmé et rythmé, sans chichis et doté d’une puissance bande originale et être capable d'apprécier Furry Road en le portant parmi les plus grand succès du cinéma, cela ne peut relever que de la chute dramatique de la capacité d'analyse et d'appréciation du public comme des critiques professionnelles qui portent aux nues ce film indigent, idiot et qui nous prend pour des idiots. Quand à ceux qui préféreraient cet opus aux deux premiers, on ne peut même plus les sauver, je crains qu’il n’y ait plus rien à faire pour les spectateurs qui ne sont plus capables de distinguer le bon grain du poisson toxique qui s’insuffle dans les veines de la société. Se ravir de voir le personnage Max devenu une sorte de débile mental incapable (ou presque) de parler, réduit (ou presque) à de simples onomatopées, incarnant parfaitement le charisme d'huître de l'acteur choisi pour le rôle, se réjouir des grotesques guitaristes suspendus aux camions, accepter le foutage de gueule final avec le demi-tour des protagonistes du film qui, rappelons-le, ont cherché à fuir désespérément pendant tout le film la horde qui les poursuit, c'est tout simplement ne plus rien comprendre du cinéma, ne plus être capable de distinguer l'escroquerie intellectuelle de la création surpuissante et intelligente, le divertissement de masse bas de gamme de l'œuvre novatrice et explosive. Mad Max était une icône du cinéma, Miller son père, en a fait un pur produit de consommation sans saveur, sans intelligence, soumis aux caprices de son époque.

Un commentaire est-il vraiment utile? Cette image n'en dit-elle pas assez long sur le film?
Quand l'art meurt, quand le cinéma ne réussit plus qu’à produire des produits, évidememnt la consommation de masse prend le dessus. La masse gavée aux produits standardisés est contente, la masse aveugle et sourde a porté Avatar, Avengers, Jurassic World ou...Fast and Furious 7 dans le top 10 des succès de tous les temps, que dire après cela, comment encore concevoir que le public puisse être doté d’un quelconque bon sens cinématographique en ce début de XXIe sècle. Même en restant dans le grand spectacle, où sont passés les spectateurs qui ont fait de Retour vers le futur un succès? J'aurais comme l'impression que le public se contente de consommer la soupe qu'on lui sert et même quand elle est indigeste, il l'avale car i lest trop tenaillé par cette faim de distraction. La rencontre du public et de la qualité cinématographique ne serait-elle que le fruit du hasard? Le concours de circonstance d'une époque florissante, rien de plus? Les producteurs sont bien sûr responsables du massacre culturel actuel, mais les réalisateurs aussi! Monsieur Miller, un conseil, évitez les miroirs, ils se briseraient devant votre horrible reflet, sans doute satisfait d’avoir mis plus bas que terre votre œuvre originelle. Si vous voulez du grand cinéma, revoyez Mad Max II et oubliez, je vous en prie, cette soupe imbuvable assaisonnée au néoféminisme qui est tout, tout sauf du cinéma, du divertissement de parc d'attraction américain peut-être, rien de plus.
