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Aujourd'hui, 23 décembre 2020

 

Coupé du monde ou presque, épargné par la Covid depuis le début de cette covidafolie galopante, je découvre enfin le masque en quittant mon île perdue pour la première fois depuis le début de la crise..

On me l'impose dès l'embarquement, grotesque des grotesques, il n'y a aucun cas de Covid dans cette île... mais on fait fi du Covid free quand la folie se rit du bon sens.

 

Le masque devient rapidement mon ennemi, il s'immisce entre moi et la réalité, entre mon système respiratoire et l'air qui tente d'y pénétrer. Quelques minutes suffisent pour m'agacer, il me gêne, il me tient chaud, il m'empêche d'utiliser correctement mes lunettes... Je constate que quelques secondes suffisent à les emplir de buée. Une première rencontre à même de me convaincre que lui et moi ne serons jamais amis. Quelques instants plus tard, je le retire, puis le remets et le retire encore attendant avec impatience l'instant de la collation servie à bord pour franchement l'ôter...

 

D'autres semblent en rire, à quelques rangs un enfant parait amusé d'en porter un, un autre pleure...tandis que la plupart des gens semblent totalement soumis à l'objet et à l'ordre. Sans être un insoumis... je ne suis pas encore totalement soumis, je m'arrange pour ne plus vraiment le porter jusqu'à la fin de ce vol Covid free...

Certains devraient se réjouir.

 

A l'heure des super-héros tant admirés, le masque devrait au moins unir les adolescents et les adulescents en quête d'une personnalité alternative. Le masque offre de belles possibilités à qui veut en tâter. Derrière ses replis de tissus ou de matière synthétique peuvent se dissimuler toutes les personnalités, toutes les attitudes, tous les non-dits et toutes les fourberies. Un sourire ? Une grimace ? Tout s'efface, tout disparaît sous le masque et le masqué adopte l'expression qu'il souhaite sans être démasqué. "je vous en prie madame" peut-on lancer hypocritement en grimaçant, la bouche tordue de rage contre la grosse dame qui vient de nous passer devant dans la file de sortie de l'aéroport en écrasant presque nos pieds.

 

La planète semble désormais avancer masquée, nos dirigeants aussi...Le masque, c'est aussi l'autre visage du monde, celui de la méconnaissance des autres, celui de l'absence de soi.