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Aujourd'hui, le 3 mars 2021 - Les grands airs sont éternels...
La musique, cette douceur qui est offerte à nos oreilles, qui égaye nos vies, qui emporte nos sens au-delà de nos espérances, la musique habite le cerveau humain sans doute depuis toujours. Nos ancêtres du Paléolithique, les Sapiens de l’époque ont probablement frappé des rochers, ils ont sans doute hurlé dans des gorges profondes et reçu un écho en retour, puis ils ont sculpté des flutes en os. L’archéologie nous apporte la preuve qu’une flute a été taillée dans un os de vautour il y a de cela 35 000 ans. Cet artefact a été retrouvé dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne et elle a sans doute égayé les soirées de nos ancêtres. Le temps a fait le reste, les instruments se sont multipliés et les talents aussi. Les génies sont également passés par là pour laisser au monde la quintessence du beau, du sublime. Mozart le prodige bien sûr, Beethoven le fougueux et tant d’autres encore pour enrichir la banque culturelle du monde. Aujourd’hui, notre patrimoine musical est exceptionnel, il est riche d’œuvres grandioses qu’on découvre ou qu’on redécouvre en se plongeant dans un bain de notes virevoltantes.
La musique a conquis la planète, elle a explosé en Europe et elle s’est affinée jusqu’à nous pour livrer les chefs d’œuvres qui contribuent à la beauté du monde. Le 3 mars 1875, une nouvelle pièce maîtresse de la musique était présentée au monde, pour l'occasion c’était à Paris, elle était livrée en exclusivité aux parisiens de l’Opéra-Comique fondé deux siècles plus tôt sous le règne de Louis XIV. Malgré des débuts difficiles qui contrarièrent le compositeur, car son opéra n’eut pas le succès espéré, cette nouvelle partition musicale prendra sa revanche avec le temps en touchant le cœur et la sensibilité de millions d’auditeurs à travers le monde au cours du XXe siècle. C’est du grandiose opéra du compositeur français George Bizet dont je parle, il s’agit bien sûr de Carmen. Ah Carmen, sa bohémienne andalouse aussi envoûtante qu’avait pu l’être l’Esméralda de Hugo, Carmen et ses airs si célèbres, si enlevés, gais et tragiques à la fois, presque tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie des airs issus de Carmen, peut-être même sans le savoir tellement cet opéra a intégré l’ADN de la culture française ; et si ce n’est pas le cas, si on est passé à côté de ce chef d’œuvre de la musique classique et populaire, il est grand temps de corriger cette bévue et de se plonger dans l’univers de Carmen sans plus tarder.
Bien sûr, l’opéra est à apprécier dans son ensemble, mais il est un morceau extrêmement célèbre qui a fait le tour du monde en trouvant des centaines d’interprètes pour s’y essayer, il s’agit de l’habanera, ce passage où Carmen chante ce qu’elle pense de l’amour, tout un programme. Pour Carmen l’amour est un étau, il est fatal et brutal, il n’a pas de limite, une vision un peu pessimiste livré ici mais tellement sublime quand il est servi par une divine mezzo-soprano à la voix d'or. Pour l’anecdote, il est bon de rappeler que cette partition musicale préexistait à l’opéra de Bizet, il ne s’agit pas vraiment d’un plagiat, Bizet croyait que cet air était une vieille chanson populaire alors qu’il s’agissait en réalité d’une chanson nommée El Arreglito de l’espagnol Sebastian Iradier Salaverri. Pour découvrir cet air fameux, on peut bien sûr écouter la sublime Maria Callas ou s’aventurer à écouter les interprètes plus récentes, c’est ce que je vous propose aujourd’hui avec cette version de Angela Gheorghiu. Fermez les yeux et appréciez l’art…