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Aujourd'hui, 4 février 2021 - Karen, l'étoile filante

 

L’image, la parure, le reflet dans le miroir, n’est-ce pas depuis la nuit des temps ce qui importe souvent le plus ? Nous sommes des animaux sociaux, avouons-le, nous sommes attachés à notre apparence, reconnaissons-le, nos interactions entraînent toujours des conséquences sur notre existence, légères ou lourdes, le destin semble parfois décider à notre place. Que nous marchions anonymes dans le monde ou auréolés de la gloire planétaire, notre vie ne se résume-t-elle pas souvent à l’image dans le miroir ? Certains s’en sortent très bien et sont capables de traverser la vie en peaufinant chaque facette visible de leur personnalité afin d’offrir le plus bel éclat, tandis que d’autres en font les frais d’avoir trop dissimulé leurs failles et finissent par périr dans leur âme ou dans leur chair, d’avoir trop brillé en société. Rares sont ceux libérés totalement de l’image, Man in the Mirror aurait chanté Michael Jackson…

 

Le 4 février 1983, une icône de la musique américaine disparaissait, trop rongée par la dépression et par le mal être, à seulement trente-deux ans, Karen mourrait. Pendant ces quatorze années de carrière qui les entraînèrent au sommet de la gloire américaine puis mondiale, le duo frère et sœur des Carpenters enchanta le monde par leur son léché et extrêmement travaillé, presque à la perfection. Comme d’autres au succès populaire considérable, ABBA ou les Bee Gees, ils furent raillés par la critique intellectuelle qui jugea hâtivement leur musique trop commerciale et donc sans intérêt artistique, oubliant que le peuple peut aussi assumer ses choix sans avoir de maître à penser ou à aimer. C’est parfois l’histoire du monde, s’improviser procureur quand on n’est rien, cela donne sans doute du sens à une vie médiocre en réalité… On dit souvent que les artistes sont à fleur de peau, qu’ils sombrent facilement dans le mal-être, dans la dépression et la liste des morts par overdose s’allonge au fur et à mesure ; et si ce n’est pas la drogue qui les emporte, ce sera une vie d’excès ou le suicide délibéré. Jim Morrison le poète maudit, Elvis Presley le rebelle dépressif, Marilyn Monroe la divine malheureuse, Kurt Cobain le mélancolique héroïnoman ou le grand Michael Jackson génie de son époque, torturé par son enfance perdue, tous seront les victimes de leur incroyable succès planétaire qui au final écourtera leur vie. Karen Carpenter fut un phénomène mondial d’une moindre ampleur, mais le groupe vendit plus de 100 millions de disques, pour une carrière si courte, c’est tout simplement gigantesque. Ils captèrent l’affection et l’admiration de leurs fans avec des mélodies suaves, des chansons d’amour toujours travaillées, et la voix pure de Karen qui sublimait les enregistrements sur trois octaves. Le milieu pop rock y voyait de la guimauve trop sucrée, mais le public y trouvait des délices. Le couple frère et sœur était parfait, de beaux américains souriants, une parfaite image médiatique, hélas pour Karen, l’image ne tint que peu de temps. Visiblement obsédée par son image, terrassée par une anorexie qui lui gâcha toute son existence, elle mourut d’une crise cardiaque. Trente-deux ans c'est jeune, un petit tour sur la planète et puis s’en va…triste réalité qui a cela de rassurant qu’elle touche aussi bien les anonymes que les gloires mondiales.

 

Les Carpenters laissent au public de délicates chansons d’amour et des succès mondiaux comme Sing, chanson reprise plus tard par Barbara Steisand qui en fera un nouveau succès sans récolter les critiques adressées aux Carpenters... Succès un jour, succès toujours, quand la qualité est là, elle est intemporelle. Leurs enregistrements sont nombreux et cela même s’ils ne hantent pas vraiment la mémoire populaire européenne trop laminée par la décadence musicale des dernières décennies, trop tournée vers la consommation de masse, trop gavée par la culture standardisée aux tares du XXIe siècle, trop abrutie par les sons barbaresques venus du Rap et du R'n'B contemporain qui saccagent tout sur leur passage favorisé par cette ambiance fin de siècle que nous vivons. Difficile de choisir dans le riche catalogue des Carpenters un titre à offrir à la découverte, mais j’aime écouter Top of the world, cette chanson de 1972 écrite par Richard Carpenter et John Bettis qui a travaillé pour Madonna ou Michael Jackson. Cette chanson m’enchante, j’aurais aimé l’écrire, aussi simple qu’elle puisse paraître, c’est toujours un enchantement de se laisser emporter dans cette jolie déclaration d’amour portée par la voix de Karen. A défaut de l’avoir écrite, je la dédie à celle que j’aime…les paroles expriment si bien ce que la communion amoureuse peut nous apporter quand aucun nuage ne vient briser le bonheur des jours heureux...

Karen Carpenter, rest in peace, comme on dit aux USA.

 

 

https://youtu.be/FDPMmaHWj1I