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Aujourd'hui, le 22 février 2021 - Et le Montana rejoignit l'Union des Etats-Unis

 

Il existe des endroits qui nous font rêver et que nous souhaiterions connaître physiquement pour nous imprégner de leur essence. Il y a des lieux mythiques qui focalisent nos pensées et nos désirs, nous emportant dans une éternelle rêverie sublimée par nos attentes. Ils sont précieux et rares, ils occupent une part de nous-mêmes et attendent patiemment de surgir dans notre réalité, entretenant la flamme de l’espoir de les fouler un jour. Les rêves sont-ils plus beaux quand ils ne se réalisent pas ? Le réel gâche-t-il toujours l’imaginaire ? Rien n’est moins sûr. J’ai longtemps rêvé de cet endroit, je l’ai longtemps espéré, je n’avais pas songé à la moindre déception, j’avais simplement laissé mon imaginaire m’y transporter et quand du rêve je suis passé à la réalité, le rêve m'a semblé de pas rendre suffisamment hommage au réel...

 

En 1889, le 22 février, dans la jeune Amérique, une loi fut promulguée et elle changea le destin de plusieurs territoires encore en pleine conquête. Ce fut ainsi, par ce qu’on appelle le Enabling Act, que le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, Washington et le Montana furent autorisés à rejoindre le gouvernement d’état pour être admis dans l’Union, devenant des états à part entière. La civilisation n’allait pas tarder à se répandre sur ces terres sauvages les emportant ainsi avec elle dans l’Histoire des Etats-Unis d’Amérique. Mais il est une chose que la civilisation ne transforme pas toujours, qu’elle ne peut pas toujours vaincre, c’est la magnificence et la puissance de la géographie.

Au nord des Etats-Unis, l’un des états aujourd’hui les moins peuplés du pays, conserve toujours cette puissance sauvage des temps passés. Cela commence par des routes rarement empruntées qui se perdent dans le lointain emportant notre regard sur un horizon montagneux dont nous espérons nous rapprocher, puis nous constatons que le ciel est immense par ici, tout autour de nous, c’est un paysage presque vierge qui s’offre à nos yeux. Au détour d’un petit bois, des cervidés s’ébattent dans les herbes grasses, un peu plus loin dans une plaine, la silhouette d’un coyote se détache et au fur et à mesure que le relief se rapproche, les ours s’invitent dans ce décor grandiose, nous plongeant alors définitivement dans une nature préservée qui nous écrasent presque par sa puissance primordiale. Le Montana s’offre alors partiellement à nous. Il se mérite, c’est un vaste territoire, le quatrième plus grand du pays derrière l’ultime frontière alaskienne, l’historique Texas et la mythique Californie. Le Montana, c’est l’Ouest encore sauvage, celui des grandes plaines, des bisons, des combats entre colons et amérindiens, de leur cohabitation aussi, c’est le territoire de tous les superlatifs, c’est le Big Sky Country comme disent les gens de là-bas. Le Montana, c’est un rêve éveillé où se mêlent la puissance de la nature et la sensation vive d’une liberté à toute épreuve. C’est encore une terre à affronter, une géologie à admirer, des montagnes où s’aventurer en solitaire pour se confronter aux neiges estivales qui s’invitent sans tenir compte de nos repères calendaires. Le Montana, c’est l’expression de la beauté mythique de l’Ouest américain, une terre immense où l’on ressent encore l’aventure de l’exploration nord-américaine, marchant dans les pas des pionniers ou renouant avec la forte culture amérindienne très présente dans ces territoires du nord-ouest. Le Montana, c’est un défi, un challenge à relever, c’est de puissantes montagnes inhabitées et inhospitalières. C’est la rencontre avec les grands prédateurs, le couguar, le grizzly et l’ours noir tapis entre les roches et les forêts montagneuses. Le Montana, c’est un peu le rêve de la liberté d’aller là où bon nous semble, se dirigeant vers les montagnes et les glaciers pour percer leurs secrets immémoriaux.

 

Les rêves sont-ils plus beaux quand ils ne se réalisent pas ? Le réel gâche-t-il toujours l’imaginaire ? Rien n’est moins sûr. Quand j’ai voyagé au Montana et que j’ai enfin senti sa puissance s’exprimer pleinement, nulle déception n’a souillé mes attentes, nul revers n’a gâché mon rêve des grands espaces américains qui hantaient mon imaginaire depuis mon enfance. La faune sauvage, les sublimes montages, les puissants glaciers, les grandes plaines à perte de vue, les villes de l’Ouest abandonnées mais encore debout, livrant à de rares visiteurs égarés quelques secrets enfouis, tout ne fut que satisfaction et enchantement. Le Montana, il ne m’a livré que quelques soupçons de son passé et de son présent, le Montana a sans doute encore de nombreuses révélations à me faire. Un jour, un jour qui sait...