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Aujourd'hui, le 10 février - Et Mickey pleure des larmes de bêtise. 

 

Quelle époque formidable nous avons le privilège de traverser en ce début de XXIe siècle, nouvelle ère des Lumières s’il en est! Nous avons enfin pris conscience des besoins réels de l’humanité, de ce qui fait l’essence même de notre espèce et pas seulement à l’échelle individuelle, mais d’un point de vue collectif. Mais que serions-nous pauvres individus esseulés si nous n’avions pas des phares pour nous guider dans la voie à suivre, la seule voie possible, celle de l’amour, de la fraternité et du respect de toute chose, une belle évidence pour tous pourtant, non? Dans le grand tumulte de notre temps, il y a heureusement des gens éveillés, ces « sachants » connaissent le chemin pour nous guider là où nos vilaines pensées populaires n’auraient pu nous conduire et parmi eux, il y le grand maître du divertissement, celui qui nous a tous bercé ou presque, qui d’autre que Disney.

 

Il y a quelques semaines, la compagnie Walt Disney, qui se repentira un jour publiquement, c’est promis, d’avoir été créée par un mâle blanc et qui se repentira le jour suivant d’avoir comme symbole une souris mâle (fort heureusement noire et blanche pour éviter toutes les idées malsaines), vient d’annoncer une grande nouvelle, c’en est fini de la dictature de l’injustice, c’en est fini des décennies d’errance dans les longs métrages de Disney d’avant, un verdict salvateur est tombé, des œuvres indignes de l’esprit Disney verront leur audience limitée. L’accès à ses œuvres en question sera supprimé pour les enfants.

Ces œuvres sont coupables, il y a des responsables, il faut oser les nommer une dernière fois.

 

-Les Aristochats, qui avaient osé introduire dans leur groupe musical un chat siamois aux yeux bridés, évoquant honteusement une personne asiatique comme pendant les heures les plus sombres de l’humanité.

-Peter Pan, qui avait osé étaler devant les spectateurs toute une bande d’amérindiens rougeauds et emplumés comme ils n’ont pourtant jamais été dans la réalité, comme pendant les heures les plus sombres de l’humanité.

-Dumbo, qui malgré ses grandes oreilles qui lui fait rejoindre le camp de la minorité des handicapés, avait osé s’entourer de corbeaux noirs et chantant un air entraînant tels des noirs américains, chapeaux sur la tête et cigare au bec, gai lurons chantonnant un joli air, comme pendant les heures les plus sombres de l’humanité.

Le tribunal Disney a donc rendu la justice internationale, ils disparaîtront dans les tréfonds jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais cela ne suffit plus, si l’acte est héroïque, il ne suffit plus mes amis, c’est désormais à nous de prendre les rênes et de contribuer, il nous faut dès à présent participer à la grande épuration et désigner les coupables, les dénicher jusque dans les méandres de l’Histoire culturelle. Je ne sais pas pour vous, mais moi c’est évident, je vois déjà quelques coupables bien désignés que rien ne pourra excuser.

 

J’appelle à la barre du Tribunal de la Pensée

 

-Blanche-Neige, qui avait osé exploiter une grotesque image de femme au foyer, en faisant le ménage pour sept hommes, pire caricature de la femme objet, et encore qui sait ce que les nains lui imposaient quand la caméra ne tournait plus. Blanche-Neige, coupable de discrimination sexiste !

-Pinocchio, qui avait osé demander à la fée bleue de devenir un petit garçon, comme s’il n’aurait pas pu laisser le choix à la fée de le faire devenir petit garçon ou petite fille, voir même intersexué, rendant cette morale machiste enfin acceptable. Pinocchio, coupable de discrimination sexiste !

-Cendrillon, qui avait osé incarner la femme docile, la femme soumise qui cherchait l’amour et qui attendait stupidement la venue d’un prince charmant, de surcroit blanc, entérinant davantage le cliché de la domination masculine. Cendrillon, coupable de discrimination sexiste

-La Belle et le Clochard, qui avaient osé manger dans un restaurant italien, nous montrant une affreuse caricature de serveur italien dévoreur de spaghettis, à l’accent grotesque et au ventre proéminent, et qui comble du comble, cohabitaient également avec des chats siamois aux traits ridiculement asiatiques. La Belle comme le Clochard, coupables de racisme et de stéréotypes!

-Mary Poppins, qui avait osé chasser de son casting toute présence de la diversité humaine, ce film de blancs, fait par des blancs, pour des blancs, fait tout simplement honte à la philosophie de la belle compagnie Disney, il faut corriger cela et interdire cette production datée. Mary Poppins, coupable de racisme !

-Robin de bois, qui non content d’avoir osé constituer son casting de seuls animaux, chassant ainsi toute présence humaine de l’histoire, s’est également rendu coupable en ne proposant les voix de doublage qu’à des acteurs blancs et a surenchéri en faisant incarner Marianne et Robin par deux renards, comme si des couples mixtes d’animaux ne pouvaient pas exister ! Robin de Bois, coupable de discrimination spéciste et de racisme !

-Aladdin, qui avait osé entretenir l’odieuse image du jeune arabe voleur à l’étalage. Aladdin, coupable de racisme caractérisé (c'est Disney qui le dit...).

-Le Roi lion, qui avait osé présenter dans sa troupe animalière le singe Rafiki, honteusement proposé au doublage original à l’excellent acteur noir américain Robert Guillaume, choix scandaleux par son racisme sous-entendu que tout le monde aura deviné. Le Roi Lion, coupable de racisme !

 

Mes amis, mes amis, la liste est trop longue pour être établie par une seule personne. J’en appelle à l’humanité entière, unie, elle fera bloc et dénichera toutes les horreurs de cet odieux catalogue Disney avec lequel nous avons grandi et qui a fait de nous des...monstres.

 

Et si nous arrêtions un peu de…déconner, hein Disney ?