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Aujourd’hui, le 27 juillet 2023 - Enzo, 15 ans, mort pour un regard…
15 ans, est-ce vraiment un âge raisonnable pour mourir ? Poignardé en pleine rue, dans un petit village de 1500 habitants, est-ce vraiment l’endroit pour mourir ? 15 et 16 ans, ces âges sont-ils la parfaite incarnation des meurtriers de notre époque ? Notre civilisation s’embrase et dans ce nouveau brasier se déchaînent incivilités, cambriolages, vols, violences, viols, émeutes, traquenards, meurtres et assassinats. Un cortège d’horreurs s’est installé en France, il touche désormais tout le territoire ou presque. Les villages qui se croyaient autrefois épargnés, coupés du monde et du temps, places tranquilles où il faisait bon vivre, sont désormais menacés au même titre que les grandes villes. Rien n’arrête plus la délinquance, elle s’est répandue comme un poison lent et contamine toute le pays.
Il y a quatre jours, samedi 23 juillet à La Haye-Malherbe dans l’Eure, Enzo, jeune adolescent de 15 ans, était tué dans une rue de son village, juste derrière la mairie. L’adolescent tranquille a croisé les mauvaises personnes au mauvais moment, un regard aura suffit à déclencher la haine et la brutalité animale des sauvages qui l’ont tué à coups de couteau. Un regard de trop parait-il, l’enquête est en cours mais voila ce qui aurait déclenché leur haine, un regard... Un regard qu’ils n’auraient pas accepté, une petite phrase que l’on entend déjà depuis trop longtemps en France, "mort pour un regard" dit-on désormais. Le phénomène n’est pas nouveau, il gangrène la société depuis une quinzaine d’années ou plus. 20 juillet 2012, Julien, 26 ans tombe dans le coma après avoir été tabassé pour un mauvais regard. 9 mai 2018, à Villeneuve-sur-Lot, un adolescent de 19 ans est tabassé par deux adolescents dont le plus virulent avait 15 ans et n’avait pas supporté un mauvais regard. 12 novembre 2020, Cherbourg, un couple rentre chez lui, un jeune de 19 ans, furieux, ne supporte pas leur regard et se jette sur l’homme pour le tabasser. La liste des faits similaires n’en finirait plus, la France s’est ensauvagée et les délinquants traquent désormais leurs victimes partout et n’importe quand. Déjà en 2009, le journal La Dépêche s’inquiétait du cas de Toulouse et de ces 206 bagarres de rue entre fin 2008 et début 2009, bagarres et tabassages pour un regard…
Enzo est mort, énième victime de la décivilisation, de l’ensauvagement de notre société, de la chute de notre civilisation. Rien ne consolera ses parents, ses amis et ses proches, rien ne le ramènera à la vie, mais les familles de victimes payent une double peine. Meurtris dans leur chair, leur drame est ignoré des puissances politiques quand d’autres sont mis en lumière. Toute la classe politique et médiatique s’est émue de la mort de Nahel, le délinquant en fuite, le chef de l’Etat en premier. Nous ne l’avons pas entendu, ni madame Borne à propos de la mort d’Enzo. Ce drame est invisibilisé ou réduit à un simple fait divers qui fera deux minutes dans un JT ou quelques lignes dans la presse. Les faits sont pourtant nombreux, trop nombreux pour rester rangés dans la case des faits divers, par leur nombre, par le drame et le traumatisme qu’ils apportent, ils forment à présent des faits de société, faits qu’il va falloir sérieusement commencer à étudier et à regarder en face pour enfin sortir de cette France digne des pires scènes du film Orange Mécanique.
Viols, tabassages, égorgements pudiquement transformés par la plupart des médias en « attaques au couteau » se sont installés en France. On recense 120 attaques au couteau par jour, 70 refus d’obtempérer par jour, 60 viols par jour, près de 2000 agressions gratuites par jour, près de 600 cambriolages par jour…la liste est longue, elle devient vite insoutenable, elle est pourtant à regarder bien en face, mettre sous le tapis le délitement du pays n’arrangera rien et choisir quelles sont les bonnes victimes à médiatiser et les mauvaises victimes à invisibiliser ne rétablira pas la douceur de vivre à la française, effluves des temps anciens dont la saveur tend à disparaître dans la fumée et le fracas, sous les coups des nouveaux barbares qui peu à peu, transforment le pays en chaos tiermondisé. Enzo est mort, énième victime de la décivilisation et de l’ensauvagement de notre société, il n’est pas mort pour la France, il est mort à cause de ce que devient la France, une terre risquée, un endroit où la jeunesse française est fauchée pour un mauvais regard.
Sources :
https://www.ladepeche.fr/.../570415-plus-plus-agresssions...
https://www.midilibre.fr/.../pres-de-trois-viols-toutes...
https://www.cnews.fr/.../insecurite-70-refus-dobtemperer...
https://www.ouest-france.fr/.../les-chiffres-de-la...
https://leparticulier.lefigaro.fr/.../hausse-des...
Source photographique: M.Sarttre
