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Critique – Dexter: Resurrection (Saison 1)

 

                 

 

Retour sur la série originale

Dexter reste une série à part dans l’histoire des shows télévisés. Originale dans son concept, portée par un casting solide — avec un Michael C. Hall exceptionnel — elle proposait à l’époque une vision hors du commun du serial killer : rendre un meurtrier sympathique, voire attachant, relevait presque de l’impossible, et pourtant la série y est parvenue avec son scénario intelligent : un serial killer doté d’un code d’honneur donné par son père.
Les six premières saisons étaient très solides, avec une vraie identité, un ton maîtrisé et des seconds rôles mémorables. Les deux dernières saisons étaient certes plus poussives, mais restaient regardables et cohérentes avec l’univers.

 

                                                            

 

Le faux pas de Dexter: New Blood (2022)

Le retour de 2022 a laissé beaucoup de fans sur leur faim moi y compris. New Blood souffrait d’une fin ratée, d’une caractérisation bancale du fils de Dexter, et de problèmes de continuité temporelle peu crédibles avec la série originale. Une occasion manquée, d’autant plus frustrante qu’elle prétendait offrir une conclusion définitive, certes décevante mais concluant une série.

 

                                                             

 

Les attentes autour de Dexter: Resurrection

L’attente était donc élevée. Resurrection devait réparer les erreurs, redonner de l’épaisseur au personnage et justifier son existence. Sur ce point, le premier sentiment est paradoxal : le plaisir de retrouver Dexter est réel, mais l’exécution de l’ensemble de la saison reste inégale. Je vous dis pourquoi.


                                                 

 

Ce qui fonctionne

  • Dexter n’est pas mort : pourquoi pas. Le choix peut sembler facile, mais il reste acceptable et cohérent dans l’univers de la série et on est « heureux » de le retrouver.
  • Michael C. Hall est toujours aussi juste dans le rôle. Même affaibli par un scénario parfois paresseux, il reste le pilier émotionnel de la série.
  • Les visions de Harry sont un vrai plaisir. Ce dialogue intérieur, signature de Dexter, fonctionne toujours et renforce la nostalgie.
  • Le retour de Batista, désormais sur les traces de Dexter, est une bonne idée scénaristique qui apporte enfin une vraie tension héritée de la série originale.

Ce qui pose problème

Une écriture trop facile

L’innocence de Dexter après le final de New Blood est floue et expédiée. On sent clairement une volonté de passer rapidement à autre chose, au détriment de la crédibilité du scénario. On élude facilement le dernier épisode pour plonger Dexter dans une autre aventure.

Le fils de Dexter : encore un problème

Le personnage reste mal écrit, outre le fait que l’acteur semble bien peu charismatique… Le voir découper un homme en neuf morceaux alors qu’il aurait pu invoquer la légitime défense (en sauvant une jeune femme d’un viol) est totalement absurde, aussi bien moralement que juridiquement. Cette décision scénaristique semble artificielle, uniquement destinée à forcer un parallèle avec Dexter et à développer une intrigue autour de cela. On pourra toujours me dire que sans cela, il n’y a pas d’histoire, cela reste tout de même trop facile et incohérent.

Un Dexter hors de son ADN initial

  • Dexter qui fréquente d’autres serial killers, alors qu’il les méprise fondamentalement, est un contresens psychologique (quand bien même il prend un tournant dans cette saison qui le remet sur ses rails).
  • Un Dexter moins prudent que jamais : découper un cadavre chez lui, sous l’appartement de son propriétaire, est totalement contraire à ce que le personnage a toujours été. Cela ne va pas du tout.
  • De courtes scènes de violence qui n’aurait pas été montrée dans la série originelle, des gros plan sur Dexter découpant des doigts ou autres séquences gores.

 

                                   

 

Une narration plutôt bâclée

Les scènes sont souvent trop courtes, la narration va trop vite, et certains arcs sont expédiés sans respirer. Cela donne une impression de série pressée, presque en mode « best-of », au lieu d’une montée en tension maîtrisée. Ajouter à cela des personnages secondaires totalement inintéressants ou grotesque, à l’instar de cette flics de New York qui écoute en boucle les Bee Gees. Sa caractérisation est insupportable et son collègue est insignifiant, on est loi des seconds rôles de la série originelle qui apportaient tous quelque chose de bon.

Une modernité mal intégrée

La série se déroule à une époque plus moderne, mais sans en assumer les conséquences :

  • Dexter est suivi par Batista via un traqueur, c’est une bonne idée,
  • Pourtant, aucune caméra de surveillance ne semble exister dans cette ville, même lors du vol d’un bateau de luxe à New York.
    Ce genre d’incohérences n’est pas acceptable, quiconque est un peu attentif, se mettra à râler intérieurement.

Un changement d’ambiance peu convaincant

New York ne remplace pas la Floride. La moiteur, la lumière, l’atmosphère de Miami faisaient partie intégrante de Dexter. Ici, on ne sent jamais Dexter vraiment à sa place, et la série perd une part de son identité visuelle. Dexter dans New York, la sauce ne prend pas.

 

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Conclusion

Dexter: Resurrection est une saison en demi-teinte.
Il y a du plaisir, de la nostalgie, de bonnes idées, et le bonheur de revoir un personnage culte. Mais il y a aussi :

  • un scénario facile et prévisible,
  • des incohérences flagrantes,
  • un personnage principal qui agit parfois à l’opposé de ce qu’il a toujours été.
  • des intrigues secondaires trop vite terminée
  • des ennemis insignifiants et rapidement maîtrisés

Résultat final ? Il y a du bon et du moins bon dans cette nouvelle saison, sans jamais retrouver la maîtrise et la subtilité des grandes saisons de la série originale, on peut se satisfaire de retrouver le personnage de Dexter même si on ne peut pas s’empêcher de penser que du temps est passé, qu’une époque est tournée et qu’il sera difficile de retrouver la saveur de la série originelle.
La saison 2 de Resurretion ? Elle est en route, mais je ne suis pas sûr de l’attendre avec impatience — et c’est sans doute le verdict le plus révélateur, quand on n’a pas envie de voir la suite d’une série, cela ne dit rien de bon.