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Aujourd'hui, le 18 juillet 2023 - Couvrez ce nain que je ne saurais voir…ou quand Disney sombre dans le wokisme
J'adore les contes et les légendes fondatrices de notre civilisation et quels formidables contes nous ont laissé les siècles passés. Ils viennent du fond des âges et véhiculent repères et valeurs, codes et croyances, craintes et joies. Les contes transmettent une morale, ils transmettent aussi un certain bon sens qui a permis aux hommes de vivre en harmonie avec la nature et les êtres surnaturels qui, dans l’imaginaire collectif, la peuplaient depuis toujours. Les fées, les ogres, les dragons ou les nains possédaient une fonction particulière, ils équilibraient le monde. L’ogre incarnait le mal dont il fallait se méfier, la fée incarnait l’espoir et la crainte du merveilleux, tout comme le nain qui possédait également ces attributs. Le nain est une figure particulièrement ancienne, très présente dans l’imaginaire européen, il s’agissait d’un être surnaturel à la fois craint, respecté et admiré. Jovial et fourbe, maître des pierres, des trésors et des métaux, habitants des montagnes et des entrailles de la terre, il est l’une des figures principales des croyances populaires. Son image a changé au fur et à mesure des siècles, la chrétienté a tenté de lui donner une connotation purement négative alors que les anciennes croyances, parfois millénaires, lui octroyaient le droit d’être ni bon ni mauvais, un être fantastique et malicieux qui pouvait même rendre bien des services à qui le respectait. C’est cette fibre qui est véhiculée dans le conte populaire Blanche Neige et les sept nains et c’est pourquoi la présence des nains est aussi importante dans le conte des frères Grimm, c’est aussi pourquoi il faut s’insurger contre l’évacuation des mêmes nains dans la prochaine adaptation de Disney qui a décidé de se passer de ces petits êtres fantastiques si populaires pour son prochain film, Blanche Neige qui sortira cette année 2023.
Les gens de Disney n’en sont pas à leur premier coup, ce sont des récidivistes à la pointe de l’idéologie wokiste, prêts à tout pour flatter ce courant de pensée totalitaire né aux USA et désormais bien implanté en Europe. Après avoir renié leurs créations passées, stigmatisé différents contes comme Cendrillon, La belle au bois dormant et donc Blanche Neige et les sept nains, les plaçant sous le sceau de la nouvelle infamie en les nommant d’histoires sexistes incitant à la domination des femmes ou au viol, ils sont aller taquiner encore davantage le wokisme en remplaçant plusieurs personnages de contes populaires européens par des acteurs afro-américains. Ce fut le cas pour la fée bleue de Pinocchio et plus récemment pour la petite sirène. Disney est passé maître dans l’auto flagellation, capable de cracher son venin woke sur Les Aristochats, Le Belle et le Clochard, Dumbo, Peter Pan ou encore Le livre de la jungle. Trouvant certaines scènes racistes dans ces classiques du film animé, Disney impose désormais un message en préambule des diffusions sur sa plate-forme, avertissant le spectateur que ces anciennes productions véhiculent des messages racistes ou sexistes qui n’ont plus lieu d’être.
« Ce programme comprend des représentations datées et/ou un traitement négatif des personnes ou des cultures. Ces stéréotypes étaient déplacés à l’époque et le sont encore aujourd’hui. Plutôt que de supprimer ce contenu, nous tenons à reconnaître son influence néfaste afin de ne pas répéter les mêmes erreurs, d’engager le dialogue et de bâtir un avenir plus inclusif, tous ensemble. »
Les chats siamois des Aristochats et de La Belle et le Clochard sont désignés par Disney comme « une caricature raciste des peuples d'Asie de l'Est », les corbeaux chantants de Dumbo sont décrits par Disney comme des caricatures inacceptables de noirs américains, les indiens de Peter Pan ne sont plus à la mode et offensent les peuples premiers, Disney se rachète une conscience en déclarant « (le film montre) les peuples autochtones d'une manière stéréotypée qui ne reflète ni leur diversité ni leurs traditions culturelles authentiques", quant au roi des singes du Livre de la jungle, il est désormais décrit par le studio hollywoodien comme une caricature de noir américain. Etrange association d’un esprit tordu qui pousse Disney à comparer un singe à un noir américain parce qu’il chante du jazz. En poussant plus loin la comparaison, tous les personnages du film peuvent ainsi devenir la proie du wokisme moralisateur. Le tigre Shere Khan deviendrait l’incarnation du fourbe et cruel asiatique, tout comme Kaa le serpent. Il ne viendrait pourtant pas à l’esprit de Disney de constater que le personnage tutélaire de Mowgli, la panthère Bagheera est noire et…plus que positive. Mais rassurez-vous, Disney n’est pas seul dans les cours des wokistes aveuglés et hargneux, deux spécialistes convoqués par la presse se sont exprimés sur la polémique, il s’agit de Sébastien Durand et de Laurent Valière présentés par le journal national Le Parisien comme des spécialistes de la pop culture, de Disney et du cinéma. Voici ce qu’ils disaient sur ce sujet dans une interview donnée au journal le 21 octobre 2020.
« Dans ce dessin animé (Le livre de la jungle), le roi des singes se pâme en fredonnant du jazz. « Paresseux, ce personnage, doublé par un Afro-Américain, trouve lui-même qu'il ne parle pas très bien », observe Laurent Valière. De son côté, Sébastien Durand souligne qu'à l'origine « le studio devait penser qu'il mettait en lumière une musique noire juste après le mouvement des droits civiques. Mais cette représentation d'un Afro-Américain par un singe pose question. Mowgli, petit Indien, a été doublé par le fils du réalisateur, un Américain avec une prononciation californienne ! »
C’est tout de même dommage d’être de grands spécialistes sans savoir que Louie, le roi des singe n’a jamais été doublé par un acteur noir puisqu’il a été doublé par le jazzman Louis Prima, d’origine sicilienne. Ah, fake news quand tu nous tiens…

Louis Pirma, le doubleur du roi Louie.
Evidemment, la liste des films dans le viseur de la censure Disney est encore plus étoffée et elle n’en finira plus de s’allonger, bientôt tous les films auront quelque chose à se reprocher. Sans doute qu’un jour Disney trouvera indécent et raciste que Robin des bois et Marianne soient tous les deux des renards, y voyant un racisme excluant les autres espèces. Peut-être que Bernard et Bianca subiront le même sort, rester entre souris deviendra la caricature du racisme...tout y passera car le wokisme n’a pas de limite et la censure ne s’arrêtera pas aux films d’animation, elle a déjà commencé pour le cinéma et la littérature. Le chef d’œuvre absolu qu’est Autant en emporte le vent est déjà conspué par les wokistes et les titres des livres sont déjà transformés à l’image des Dix petits nègres d’Agatha Christie devenu désormais Ils étaient dix pour répondre aux exigences de tribunal woke. Les cas sont nombreux, la liste ne cessera de s’accentuer et le wokisme de dégénérer en religion totalitaire prête à sacrifier sur l’autel de la bien-pensance le moindre rebelle à la pensée unique, inclusive et woke.
Non content de dénaturer et de détruire le passé, Disney s’attaque donc au présent, nous l’avons vu avec l’attribution de rôles emblématiques de la culture européenne à des acteurs issus de la diversité raciale, nous le voyons à présent avec l’évincement des nains dans la nouvelle adaptation de Blanche Neige. Dehors les nains, nous ne voulons plus vous voir, vous utiliser à l’écran serait tout simplement devenu de la nanophobie. Une phobie de plus, un crime monstrueux de plus aux yeux de Disney. Ne serait-ce pourtant pas là la véritable nanophobie, celle de vouloir chasser du paysage les nains qui existent bel et bien ? Pourtant, un acteur célèbre, nain de son état, a joué un certain rôle dans cette histoire, il s’agit de Peter Dinklage l’acteur qui jouait le rôle de Tyrion dans la série Le Trône de fer. Il y est allé de sa déclaration haineuse et stupide : « Dans un sens, vous êtes progressistes (Disney) mais vous racontez toujours cette putain d'histoire arriérée à propos de sept nains qui vivent dans une cave ensemble…Qu'est-ce que vous faites, putain ? N'ai-je rien fait pour faire avancer la cause ? Il faut croire que ma voix ne porte pas assez », ce à quoi le studio Disney s’est empressé de répondre « Pour éviter de renforcer les stéréotypes du film d'animation original, nous adoptons une approche différente sur ces sept personnages et avons consulté des membres de la communauté du nanisme. », autant dire que les nains de l’histoire originelle vont passer un sale quart d’heure et finir aux oubliettes. Il est amusant de constater que Peter Dinklage a eu le droit d’être en vedette pendant dix ans, mais qu’il interdit de fait, à d’autres acteurs atteints de nanisme, d’avoir la chance d’avoir un grand rôle dans un film. L’acteur n’était pourtant pas gêné dans la série Le Trône de fer de véhiculer les clichés habituels sur les nains médiévaux, à savoir une extrême lubricité, puisque l’acteur a accepté de tourner de nombreuses scènes dans lesquels il était entouré de filles nues avec lesquelles il venait ou il allait copuler. Curieux ce deux poids deux mesures dont il fait preuve maintenant qu’il est célèbre et richissime...le drame dans cette nouvelle page du wokisme, c’est que le venin n’a même plus besoin d’un véhicule comme Dinklage l’idiot utile pour se répandre, il est dans l’air du temps et dans l’ADN des faiseurs de divertissement et de certains médias.

Tyrion dans ses oeuvres, entouré de jolies filles lascives
Disney est devenu l’incarnation du wokisme, cette course folle qui claque la porte au nez de la vérité historique et méprise le bon sens. Comment Disney pourrait ignorer par exemple que les nains ont toujours joué un rôle positif dans l’imaginaire collectif médiéval. Comme le rappelle brillamment l’universitaire reconnu Claude Lecouteux, spécialiste du Moyen Âge dans son passionnant ouvrage Les nains et les elfes au Moyen Âge (que je chroniquerai bientôt sur ma chaîne Youtube), les nains sont une figure complexe, crainte mais respectée, jamais moquée, elle incarne le fantastique, le monde du merveilleux. Les nains des contes sont souvent des éléments déclencheurs d’une histoire, ils font le lien entre le palpable et l’impalpable, ils rendent service aux hommes et sont essentiels au bon fonctionnement du monde. Homoncules, Kobolds, Brownies ou Farfadets, leurs désignations sont multiples, mais leur rôle toujours essentiel. Les nains de Blanche Neige ne font pas exception, outre le fait qu’ils incarnent parfaitement les croyances populaires anciennes et qu’ils sont donc parfaitement à leur place dans le conte, ils sont l’incarnation de toutes les particularités de l’homme, grincheux ou joyeux, simplet ou érudit, dormeur ou timide, ils sont pourtant tous courageux et font preuve de pugnacité dans le conte quand ils s’agit d’aider Blanche Neige. Les évincer relève non seulement de la bêtise crasse et de l’ignorance mais aussi d’une volonté farouche de détruire ce qui a été pour le remplacer par une nouvelle idéologie parfaitement incarnée par le wokisme.

Représentation d'un Brownie aidant aux tâches ménagères et recevant son repas
Aujourd’hui Blanche Neige, demain toute création qui ne sera pas conforme à l’idéologie dominante. Chaque œuvre pré-woke pourra faire l’objet de censure ou de transformation, chaque livre, film, jeu vidéo ou tableau sera menacé dans son intégrité historique si le wokisme remporte la victoire culturelle. C’est bien pour cela qu’il y a urgence et qu’il faut agir, qu’il faut se positionner, qu’il faut luter en usant d’une contre-censure, utiliser le boycott comme arme absolu contre cette folie qui infuse dans l’air du temps, qui contamine l‘esprit des enfants, modifie la perception des adultes et tente de détruire l’Histoire des gens et des choses. C’est bien la fameuse Cancel Culture qui est en marche et elle n’est pas seule. Appuyée par certains politiques, relayée par la plupart des médias, puissante de sa présence dans les divertissements, elle est forte de son idéologie destructrice mais il ne tient qu’à nous d’agir. Je n’irai pas voir le prochain Blanche Neige, je ne regarderai pas la série documentaire de Netflix avec une Cléopâtre interprétée par une actrice noire, je n’achèterai aucun livre d’un éditeur qui censure et transforme les titres des œuvres passées. Agir, agir efficacement pour contrer l’ennemi, c’est ce que nous avons de mieux à faire pour riposter et contrer le wokisme avant qu’il n’emporte l’Occident dans son totalitarisme. Georges Orwell nous avait prévenu dans son roman 1984, "Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé". C’est exactement ce que tentent de faire le wokisme et ses thuriféraires.