L'aventure n'est pas seulement au bout du monde, elle est aussi dans les méandres de notre esprit.

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Aujourd'hui, 3 février 2021 - Bon anniversaire Bueno Aires
J’ai très souvent rêvé d’aventures sud-américaines, sans doute que l’exotisme des terres australes mènent à la rêverie et à la contemplation. Comment ne pas être fasciné par la jungle amazonienne et son enchevêtrement végétal qui inspire tous les fantasmes aventureux et laisse envisager toutes les possibilités de découvertes animalières ? Comment rester de marbre face aux impressionnants tepuys vénézuéliens qui inspirèrent Conan Doyle pour son roman Le monde perdu ? Comment résister à l’appel du fascinant Machu Picchu péruvien, refuge inca préservé de l’avancée technologique du monde, niché sur un versant des Andes ? Comment rester de marbre face au dernier refuge bolivien des légendes noires de l’Ouest américain ; Butch Cassidy et Sundance Kid clôturant l’époque des bandits armés de Colt, mais si romantiques vu d’un écran de cinéma? Comment ne pas trembler sous les vibrations imaginaires des pas du gigantesque Patagotitan, colossal dinosaure du Crétacé qui foulait les régions forestières de l'Argentine il y a 100 millions d'années ? Comment ne pas rêver des terres sauvages d’Argentine où cohabitent somptueux glaciers, pampa et cordillère qui abrite le guanaco et le puma dans une lutte à mort pour la vie sous des climats extrêmes ?
Le 3 février est la date retenue par l’Argentine pour fêter l’anniversaire de sa capitale Buenos Aires. Comme de nombreux européens alors, le navigateur Pedro de Mendoza cherchait de l’or, l’Eldorado fascina et fascine encore l’imaginaire populaire; même en pleine crise mondiale, l'or reste une valeur sûre... En 1536, il fonda la ville, Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre. Pour les gens de ma génération c'est amusant, Mendoza, même s’il ne s’agit pas du même homme, cela évoque tout naturellement "Les mystérieuses cités d’or" et réveille en nous ce goût pour l’aventure sud-américaine et les mystères qui y sont à découvrir. On dit souvent que l’Argentine est un des pays les plus occidentalisés d’Amérique du Sud et que Buenos Aires appelle à la rêverie sur des airs de tango. Les images d’Epinal tiennent bon quand on rêve dans le lit d’un touriste. Je n’ai jamais mis les pieds en Amérique du Sud, je ne connais ni l’Argentine ni aucune autre contrée du continent, mais je sais que le pays, comme d’autres, est en en prise à de nombreux problèmes de société, le rêve peut rapidement s’effacer devant la corruption, la précarité, la pauvreté et l’insécurité naissante. L’incertitude du lendemain me semble bien caractériser les lieux. Seule certitude, les paysages restent grandioses et titillent l’imaginaire ainsi que le goût du voyage aventureux.
Je ne compte pas me rendre en Argentine de si tôt, en aurais-je l’envie que la crise Covid détruirait mes projets, mais je fais un clin d’œil, je rends un hommage appuyé à mon cher, très cher ami argentin Guillermo qui n’est pas de Buenos Aires, mais qui a déjà évoqué avec moi si souvent les nombreux soucis que rencontre son pays natal. Face aux défis de l’avenir, face aux enjeux qui font qu’un pays flotte ou coule, il n’y a pas de plus grandes incertitudes que celles liées aux lendemains qui chantent ou qui déchantent... Rêver d’Amérique du Sud, c’est peut-être là le moyen d’entretenir encore un peu la soif de découverte du continent, le moyen de ne pas sombrer dans la tempête des jours actuels qui ternit le rêve et durcit le réel. Le rêve n’est-il pas souvent plus grandiose que la réalité ?
Bon anniversaire Buenos Aires.
