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Aujourd’hui, le 13 février 2024 – Action, ça tourne !

 

    Depuis les grottes ornées préhistoriques, l’Homme n’a eu de cesse d’inventer de nouveaux supports artistiques répondant à son besoin d’imagination. La danse et la musique toute deux encore primitives sont peut-être parmi les arts les plus anciens, puis la sculpture et la peinture ont suivi laissant derrière elles des figurines en os de mammouth ou des fresques peintes comme celles de Chauvet ou Lascaux, enfin l’architecture et la littérature ont étouffé le panel humain des arts, offrant monuments grandioses et romans inoubliables, l’un pouvant parfois épouser l’autre comme Notre-Dame de Paris. A ces six arts majeurs est venu se greffer celui que nous connaissons tous et qui occupe une grande place dans notre civilisation, une invention occidentale qui a conquis le monde apportant révolution à l’image et à l’imagination. Ce nouvel art nous a fait voyager, réfléchir, frémir, rêver, pleurer ou rire, il s’agit bien sûr du 7eme art, le cinéma.

 

                 

Art préhistorique. De gauche à droite, Grotte Chauvet, figurine de la grotte d'Espelugues, grotte de Lascaux.

 

    C’est le 13 février 1895 que l’histoire a vraiment commencé, c’est en tout cas comme cela qu’on se le rappelle, un repère historique marqué par un nom facile à retenir, celui de Lumière. Ancré dans la mémoire populaire, ce nom bien français évoque à lui seul le cinéma par l’intermédiaire de ses porteurs, les deux frères lyonnais Auguste et Louis Lumière, inventeurs du cinéma. C’est en effet ce 13 février 1895 qu’ils déposèrent un brevet industriel pour un appareil technique qu’ils dénommèrent le Cinématographe. Il s’agit d’un petit appareil capable de projeter et d’enregistrer des images, un peu comme si notre Smartphone pouvait nous projeter directement sur un écran vierge les vidéos que nous viendrions d’enregistrer. C’était là une prouesse technologique et un premier pas vers la révolution technique qui suivi et dont nous connaissons les effets aujourd’hui. Brillants ingénieurs, besogneux industriels, les frères Lumière n’ont pourtant pas inventé seuls une telle machine. Ils furent tout d’abord aidés dans leur travail part un autre inventeur de talent, Jules Carpentier qui peaufinera également par la suite avec eux le Cinématographe pour le rendre plus performant.

 

                            

 

                                      

Le Cinématographe, sur pieds

 

    Dans la guerre de l’image animée qui s’annonçait, les frères Lumière n’étaient pas seuls, en lice ils durent se confronter au grand Thomas Edison, inventeur également, et qui, à l’aide d’ingénieurs et d’idées préexistantes (notamment le Kinétoscope, une sorte de visionneuse d’images sans projection externe), mis au point entre 1888 et 1890 une autre invention concurrente, le Kinétographe. L’invention d’Edison permet de mettre en mouvement des photographies et donne ainsi l’illusion du mouvement qui peut être vu, mais qui ne peut pas être projeté. C’est là que les frères lumières vont prendre de l’avance et poser les pierres du cinéma tel que nous le connaissons. Leur invention est capable d’une telle prouesse et ils projetteront un premier film en public le 28 décembre 1895, la fameuse sortie des ouvriers de leur propre usine entre autres essais projetés ce jour historique. Bien sûr, même les frères lumières sont les héritiers d’études et d’essais d’autres ingénieurs, mais ils réussiront à faire naître une nouvelle technique qui marquera à jamais le public et la civilisation.

 

                                                   

Cliquez sur l'image pour accéder au premier film des frères Lumière

 

    Si les films projetés reprennent en partie les codes du théâtre préexistant, ils subliment l’expérience du spectateur et autorisent rapidement inventivité et expériences multiples à même de séduire le public en dépit de l’absence de dialogues sonores. Les films muets, supportés par un accompagnement musical ont connu un véritable succès et le cinéma est bientôt devenu un art à part entière, capable de transmettre des émotions, des messages, de faire réfléchir mais également de distraire les foules, ce qui accentua son phénoménal succès. L’arrivée du cinéma parlant en 1927, même s’il fut au début anecdotique avec son fameux « Le chanteur de jazz », emporta rapidement tout sur son passage et dès les premières années, personne ou presque ne songea plus à tourner des films muets, à part bien sûr l’immense Charlie Chaplin qui fit parler sa géniale inventivité dans le muet jusqu’en 1936 avec son film chef-d’œuvre, « Les Temps modernes ».

    129 ans après l’invention du Cinématographe des frères Lumières, le monde du cinéma a bien changé. Le cinéma a traversé des hauts et des bas, il a connu des heures de gloire, a produit des chefs-d’œuvre comme Autant en emporte le vent, Le Bon, la Brute et le Truand, Retour vers le Futur ou encore A.I, Intelligence Artificielle, mais il également produit des films de pure distraction, des produits de commande, des films réalisés par les studios dans le seul but de faire entrer un peu d’argent dans la caisse sans la moindre préoccupation artistique, distraire le peuple suffisait largement. En vérité, les chefs-d’œuvre sont rares dans l’Histoire du cinéma par rapport à la masse gigantesque de production, on parle parfois de centaines de films par années. Un ami, un passionné de cinéma comme moi, me rappelait encore dernièrement que rien que pour l’année 1921, 854 films avaient été produits. Une somme hallucinante que l’on a bien du mal à imaginer, il ne pouvait y avoir 854 chefs-d’œuvre…Cependant, si le constat est ancien, la chute qualitative du cinéma s’est accélérée ces dernières années, depuis deux décennies déjà, nous connaissons les pires heures de l’Histoire du cinéma, une chute qualitative gigantesque comme il n’y en eu jamais auparavant. Pris entre les blockbusters insipides et grotesques, le wokisme galopant qui contamine tout et un cinéma vieillot, parfois ringard et sans saveur comme l’est devenu globalement le cinéma français, la chute est sévère et les chefs-d’œuvre presque inexistants. Le cinéma a peut-être connu ses plus belles heures, son apogée est peut-être derrière lui, le summum de la musique classique n’a-t-il pas disparu dans les premières décennies du XXe siècle ? Tout a une fin, arts et civilisation peuvent s’effondrer après avoir flirté avec les sommets et n’est pas phénix qui veut.

 

   

 

    Fort heureusement, le cinéma adonné naissance à un autre support, le support télévisuel qui a connu l’émergence des séries télévisées (dans tous les cas non projetées au cinéma) qui ont fait un bon qualitatif considérable depuis la chute du cinéma, un système de vases communiquant bienvenu pour tous les amoureux du 7eme art qui se languissaient d’assister à sa mort sans rien faire d’autre que de pleurer devant les films américains de super-héros ou les films pro-migrants du cinéma français. Bien sûr, ce nouveau média n’apporte pas que des chefs-d’œuvre, mais ce qui a presque totalement disparu sur grand écran peut parfois se trouver dans les séries : la qualité et le plaisir réunis en un seul et même visionnage. Breaking Bad, Game of Thrones, Downtown Abbey ou l’inénarrable Columbo ont fait les grandes heures de la série, d’autres suivront pour faire l’histoire de la série télévisée et marquer de leur empreinte le XXIe siècle comme le cinéma marqua le XXe siècle.